Interview : Gabrielle Laffont – Product Manager @ Side

Gabrielle est PM chez Side depuis maintenant 2 ans et demi, et c’est sa toute première experience dans le produit! Elle nous livre ses conseils pour lancer sa carrière de PM, nous explique le concept des Impact team, nous partage ses techniques pour contrer le syndrome de l’imposteur et nous expose le paradoxe des PM « bons élèves ».

Hello Gabrielle, peux-tu nous parler de ton parcours?

J’ai fait une école de commerce, et à l’époque ce qui m’intéressait c’était la finance et l’économie sociale et solidaire. En 1ere année j’ai rejoint une asso de graphisme (PAO Bang). Au sein de cette asso j’ai rencontré des personnes qui étaient vraiment passionnées par le design. En général c’était des personnes qui évoluaient dans les métiers du web. La première personne que j’ai rencontré qui faisait ce métier était justement une fille de cette asso qui a fait sa carrière produit aux US. 

J’ai fait mon premier stage chez Content Square, a l’époque ils n’étaient que 20. Au sein de CS il y avait des devs, des designers et des analystes. Je les ai rejoint en tant qu’analyste. Mon rôle consistait à récupérer de la data sur les comportements utilisateur et de produire des recommandations qui étaient transcrites par les designers en projets pour nos clients.

Ensuite j’ai rejoint une petite startup (Askeet) en tant que cheffe de projet Acquisition. J’avais beaucoup d’autonomie et souvent je partais de zéro sur le lancement de projets growth. Au final, ce que je faisais se rapprochait beaucoup du produit. C’est à ce moment là que je me suis rendue compte que ce qui m’intéressait le plus c’était la partie produit : aller parler aux utilisateurs pour comprendre et répondre à leurs besoins.

En postulant je me suis rapidement rendue compte qu’il était difficile de tirer son épingle du jeu avec aucune expérience produit sur le CV. On me faisait passer des entretiens avec des cas techniques très poussés alors même que je n’avais jamais fait ce métier. C’était très frustrant.

"Avoir de l’expérience ne signifie pas forcément être un bon profil, et plein d’expériences différentes peuvent permettre d’acquérir les qualités d’un bon PM"

Heureusement lors du processus d’entretiens chez Side ils ont plutôt évalué ma capacité à approcher une problématique, mes compétences et le fit humain, que ma connaissance du métier. Ils m’ont donné ma chance avec en tête que la période d’essai serait vraiment une période pendant laquelle ils évalueraient ma capacité à m’adapter à ce nouveau métier.

J’ai eu de la chance car la PM de l’époque qui était impliquée dans mon processus de recrutement avait elle-même commencé chez Side sans expérience en produit. Toutes les deux on partage cette conviction qu’en produit, le métier est tellement différent d’une boîte à l’autre, qu’avoir de l’expérience ne signifie pas forcément être un bon profil, et que plein d’expériences différentes peuvent permettre d’acquérir les qualités d’un bon PM. Je ne ferais pas forcément confiance à quelqu’un qui a fait ce métier pendant 5 ans.

Comment se sont passés tes premiers mois en tant que PM chez Side?

En arrivant chez Side j’ai compris que pour être bon dans ce job il faut avoir envie d’avoir de l’impact. De manière inconsciente, je savais que j’étais « mise à l’épreuve » et je voulais me rendre utile par tous les moyens. Par ailleurs, je suis d’un naturel assez curieux et j’aime bien me mettre des challenges, donc ça m’enthousiasmait beaucoup de commencer en sachant tout ce que j’avais à apprendre : j’étais constamment en train de chercher comment m’améliorer. Et ces deux facteurs ont fait la différence.

Mon premier projet était l’optimisation de la plateforme utilisée par l’équipe opérationnelle en interne. J’avais les utilisateurs à mes côtés donc c’était plus facile pour débuter et pour comprendre les tenants et aboutissants du problème. Un certain nombre de choses ne fonctionnaient pas et les ralentissaient et il n’était pas compliqué de les identifier. On a fait de petits fixs qui ont réellement aidé et qui ont rapidement eu un impact positif.

Peu de temps après, nous avons changé de modèle juridique. Nous sommes passés d’une plateforme de mise en relation à une agence d’intérim qui recrute des salariés. C’était une toute nouvelle activité! J’ai beaucoup travaillé sur cette transition, particulièrement sur le site entreprise. J’ai adoré parce qu’on était dans des phases exploratoires sur des sujets que l’on ne connaissait pas du tout.

Comment est ce que l’équipe produit est organisée chez Side?

Nous sommes organisés par stream: une stream internal efficiency qui traite tout ce qui est lié aux processus opérationnels internes et une stream axée revenu et développement du business.

Il y a un modèle d’orga produit que j’aimerai beaucoup expérimenter c’est le modèle Impact team de Meilleursagents. Concrètement il s’agit d’être un PM sur une stream avec un KPI unique à faire évoluer. En fait, être focus sur un KPI unique sur le long terme, plutôt que de jumper d’un sujet à l’autre, permet de mieux connaître le contexte, la typologie de clients, et de mieux mesurer son impact.

Comment tu te projettes sur le long terme?

Je suis très bien où je suis actuellement, mais sur le long terme je me projette dans le produit au sein d’une petite boîte en création ou la création de boîte. Ce qui m’attire ce sont ces enjeux de mettre en place une orga efficace, recruter, et construire la vision produit à l’origine. J’ai vu Holy, notre head of product, le faire et ça m’a vraiment donné envie. Surtout j’adore ces phases exploratoires où tout est à défricher, plus que les phases d’optimisation.

Quel est le meilleur conseil qu’on t’ait donné?

Ne pas se poser soi-même des limites. Il faut tester et voir les limites que les autres peuvent poser s’ ils en posent. Au début j’avais tendance à me dire (et je le fais toujours parfois), « ça ne fait pas partie de mon scope », « je ne l’ai jamais fait », « je ne suis pas assez expérimentée ». Exit ce syndrome de l’imposteur! Quelqu’un de très expérimenté ne sera pas forcément meilleur!

Je trouve que ça rejoint le plus gros paradoxe de ce métier. Au vu des compétences que cela demande, les PM ont souvent le profil des “bons élèves”. Alors même que c’est un métier où l’échec fait partie du processus! Comme disait Marty Cagan, 98% des produits développés ne vont pas marcher et le but est d’en tester le plus possible. Il faut être conscient que c’est un métier où il y a beaucoup de décisions à prendre, des choix et des risques à assumer, et que ça n’est pas toujours facile à gérer mais qu’on ne le fait pas seul, derrière nous il y a toute notre équipe!

Author avatar
Manon Morgaut

Commentaires